© Box Productions - Pierre Daendliker

Durant la première moitié du XXe siècle, beaucoup de petites communautés rurales européennes étaient régies par des normes strictes qui conditionnaient la vie quotidienne, surtout celle des femmes. Dans ce cadre, les églises locales imposaient ce qui était socialement et moralement acceptable. C’était notamment le cas en Suisse, où l’héritage zwinglien et calviniste de l’Église réformée favorisait dans les cantons suisses une organisation sociale qui privait les femmes de leur liberté, en les soumettant à des préceptes moraux et politiques dictés par des hommes. On surveillait leurs conduites sexuelles, leur habillement et leurs habitudes, en renforçant des injonctions comme l’obligation du mariage et de la maternité et en contrôlant leurs droits reproductifs.

Néanmoins, ces femmes et beaucoup d’autres n’ont jamais cessé de se rebeller et de réclamer leur droit à décider. Ni avant, ni maintenant. La lutte pour le droit à l’avortement a obtenu historiquement des progrès importants dans les législations de différents pays du monde. La dernière en 2024, quand la France a décidé d’inscrire le droit à l’avortement comme une liberté garantie dans sa Constitution.

À l’inverse, en 2022, la Cour suprême des États-Unis a statué que ce droit n’était plus protégé par la Constitution fédérale. En Argentine, au Chili ou en Russie, des régressions importantes sont en train de se produire qui réduisent l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive. Dans d’autres pays comme la Pologne, le Maroc ou la communauté d’Andorre, le droit à l’IVG n’est possible que dans des cas très restreints, avec des peines de prison pour les femmes qui s’y soumettent et quiconque les assiste.

En Espagne, il y a quelques semaines à peine, le Gouvernement a annoncé son intention de suivre l’exemple du Gouvernement français et de blinder le droit à l’IVG dans la Constitution.