Film: Sucia

Selon les résultats de l’enquête à grande échelle sur les violences faites aux femmes, publiée par le Ministère espagnol de l’Égalité à la fin 2025, quasiment 1 femme sur 3 en Espagne (30,3 %) de plus de 16 ans a été victime d’un type quelconque de violence (agressions physiques, violences sexuelles, restrictions économiques ou attaques psychologiques) de la part de son compagnon actuel ou ex-compagnon à un moment de sa vie. Entre janvier et décembre de l’année dernière, le nombre total de plaintes pour infractions contre la liberté sexuelle a augmenté de 2,3 %, jusqu’à 21 659, autrement dit 59 plaintes pour agression sexuelle par jour (avec ou sans pénétration).

Le brouhaha médiatique et politique qui a entouré la Loi organique 10/2022 sur la Garantie intégrale de la liberté sexuelle (plus connue sous le nom de la loi « du seul un oui est un oui ») a empêché toute forme de débat serein sur le consentement dans les relations sexuelles. Cette norme, qui élimine la distinction entre « abus » et « agression » sexuelle, situe le consentement au cœur des relations sexuelles, en indiquant que ce consentement doit être librement exprimé, avec des termes clairs, de manière à permettre à toutes les personnes de prendre des décisions sûres et sans aucune pression concernant leur sexualité.

Mais adapter ce principe à la pratique judiciaire et à la réalité des plaintes s’avère plus complexe car le diable se cache dans les détails. Pour exemple, les obstacles qui se dressent contre les plaintes déposées plusieurs années après l’agression, ou l’intervention d’autres facteurs liés à la propre victime comme l’incompréhension de l’entourage familial ou la sensation de solitude et de culpabilité. Autant de difficultés qui se traduisent par des chiffres éloquents : seules 8 % des femmes qui ont souffert des violences sexuelles hors du couple portent plainte.