Dans la nuit du 17 mai 2018, en Belgique, une camionnette utilisée par un réseau de trafic d’êtres humains transportait une trentaine de migrants en provenance d’Irak et de Syrie, quand elle fut interceptée par la police belge. Pendant la poursuite, un agent tira sur le véhicule et une balle frappa et tua une petite fille kurde de deux ans qui voyageait avec sa famille. Elle s’appelait Mawda Shawri. En 2021, un tribunal a déclaré le policier coupable d’homicide involontaire. Ce fait divers a engendré une grande polémique sur l’utilisation d’armes par la police lors d’opérations de contrôle migratoire.

D’autres incidents mortels rattachés à des opérations de ce type ont également été rapportés dans d’autres endroits d’Europe. En Bulgarie par exemple, un garde frontalier a tué en 2015 un migrant afghan lors d’une course-poursuite près de la frontière avec la Turquie. À la frontière entre la Grèce et la Turquie, au niveau du fleuve Évros, des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé ces dernières années des coups de feu et l’emploi de la force contre des personnes qui tentaient de traverser la frontière. Plus récemment, en 2025, la poursuite policière d’une fourgonnette qui transportait des personnes de manière clandestine se termina par un accident qui causa la mort de six migrants.

En Espagne, l’un des épisodes les plus connus est la tragédie du Tarajal, à Ceuta, en février 2014, quand au moins 15 personnes périrent en tentant de rejoindre la côte, pendant que des agents de la Garde civile espagnole utilisaient des équipements anti-émeutes pour les en empêcher. Cette tragédie a fait l’objet d’un profond débat, toujours d’actualité, sur l’utilisation de la force pour le contrôle des frontières européennes.